Séphanie Guépin
Elle a
écrit plusieurs romans dont Carrément givrés !
. Extrait
de texte
Au même instant, un curieux équipage traverse le tarmac : un colosse en uniforme de l’armée russe et le petit
chasseur dolgan, le père des jumeaux. Les deux hommes s’engouffrent dans l’appareil. Le pilote fait signe à
Justine et son professeur de les imiter.
Dans l’hélicoptère, le lieutenant Ardentor fait les présentations :
– Voici le Major Andreï Astanov, mon copilote russe. On a de la chance, il parle français ! Et voici Salkov, le chasseur qui a découvert votre cible… mais… vous vous connaissez déjà ?
– Oui, nous nous sommes rencontrés hier. Je me présente : Professeur Fulbert, chercheur en paléontologie au CNRS. Et voici Justine Guépin, enquêtrice pour l’Unesco, mon assistante pour cette mission. Nous arrivons de Villeneuve-lès-Avignon pour exhumer un mammouth laineux du permafrost ! J’ai dans ma mallette les coordonnées de notre cible. Tenez, les voici.
Justine rougit. Son professeur en a peut-être fait un peu trop, là. Le pilote regarde l’adolescente et émet un sifflement admiratif.
– Bienvenue en Sibérie jeune fille ! Dans le plus grand cimetière de mammouths de la planète !
Il retourne ensuite à son tableau de commandes, truffé de boutons lumineux. Des cadrans phosphorescents diffusent une lueur verte dans le cockpit.
En quelques secondes un bruit assourdissant emplit l’espace. Les pales de l’appareil cisaillent l’air. La carcasse entière est secouée de tremblements. Dans son casque, Justine distingue à peine le check-up qu’effectuent les deux militaires :
– Pression circuit hydraulique ?
– Ok.
– Circuit de refroidissement ?
– Ok.
– Dégivrage alimentation essence ?
– Ok.
De l’autre côté de la clôture du camp, à plus de deux cents mètres, deux silhouettes hissées sur un traîneau, agitent les bras en direction du tarmac. Salkov, qui les a repérées, colle sa main sur la vitre. Justine murmure :
– Au revoir Machko et Mamta. A bientôt mes amis.
Tout à coup, la jeune fille a l’impression de tomber : le sol se dérobe. L’hélicoptère décolle dans un nuage de givre. Il s’élève à la verticale jusqu’à trente mètres du sol, au-dessus des bâtiments où fourmille la colonie des hommes en blanc. Puis, le pilote lui fait effectuer une rotation, le nez de l’appareil pivote et s’incline vers l’avant. Il redresse légèrement le Kamov Ka-60R. L’appareil trace désormais un chemin rectiligne, plein nord, direction 74°30’45.87 Nord – 110°12’56.73 Est, à une vitesse de croisière de 200 km/h.
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